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Communiqué de presse

ENSEMBLE CONTRE LES VIOLENCES, BRISONS LES SILENCES

La Coordination romande de la Grève féministe et des femmes* salue l’enquête menée par le journal « Le Temps » qui a révélé les multiples cas de harcèlements sexistes et sexuels au sein de la RTS. Ces pratiques font partie d’un système, elles sont structurelles et systémiques. Cette enquête est l’occasion de briser le silence!

Communiqué de presse du 2 novembre 2020


La Coordination romande de la Grève féministe et des femmes* salue l’enquête menée par le journal « Le Temps » qui a révélé les multiples cas de harcèlements sexistes et sexuels au sein de la RTS. Ces pratiques font partie d’un système, elles sont structurelles et systémiques. Le cas de la RTS est exemplaire et frappe à juste titre l’opinion publique, car Darius Rochebin est connu de toutes et tous. Mais le sexisme et le harcèlement sexuel sont des pratiques courantes dans le monde du travail : d’après une étude du SECO de 2008, 31% des femmes et 29% des hommes auraient subi un incident dans l’année précédant l’enquête. Dans les deux tiers des cas, les auteurs sont des hommes. Répandu, le harcèlement sexuel reste tabou dans les entreprises. Cette enquête est l’occasion de briser le silence!

La Coordination romande de la Grève féministe et des femmes* souhaite communiquer largement tout son soutien aux salarié-e-s de la RTS, victimes de harcèlement sexiste et sexuel! Nous, on vous croit ! Il est inadmissible qu’une entreprise de service public ne condamne pas de tels agissements et ne permette pas un environnement de travail sécure pour ses employé-e-s !Nous vivons dans une société où les violences et les discriminations sexistes, racistes, validistes, homophobes et transphobes prennent des formes multiples et se produisent à tous les niveaux et toutes les sphères de la société : au travail, à l’école, à la maison, dans l’espace public. Elles traversent toutes les classes sociales, nationalités ou confessions religieuses. Le mouvement international #MeToo en 2017 et la grève féministe du 14 juin 2019 ont secoué la société et ont contribué à libérer la parole. Il faut maintenant que des mesures concrètes et rapides soient prises.

La honte doit changer de camp. Nous en avons assez de subir des discriminations et des violences tout au long de notre vie, de nous sentir en insécurité au quotidien, quelle que soit la sphère dans laquelle nous vivons, travaillons, étudions! Toutes les victimes de violence doivent être entendues, accueillies et protégées. Or aujourd’hui, les voies légales et de justice, elles-mêmes le produit du système patriarcal dans lequel nous vivons, sont également génératrices d’inégalités! C’est pourquoi, pour lutter contre le sexisme, nous exigeons une éducation au consentement et à l’égalité digne de ce nom et la prévention dès le jeune âge. Nous exigeons aussi un plan de lutte nationale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’une politique nationale digne de ce nom! Quand une femme* dit non, ce n’est pas oui, c’est NON!